sénat VS travail social

PAUPERISATION DES TRAVAILLEURS CCN66

Au sénat, le banquet est quotidien et sans frais surtout lorsqu’ils ne règlent pas, et ce impunément, sans état de conscience de surcroît, la cantine, par omission bien sûr… grands chefs cuisiniers aux rémunérations gargantuesques derrière les fourneaux…

A la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), même laïus, même sport, même dédain.

AXESS, coutume oblige, exprime ses desiderata toujours en faveur d’un élagage drastique des acquis sociaux du secteur sans jamais s’inscrire dans une démarche qui imposerait à l’État de revoir ses arbitrages.

Pouvons-nous avoir l’outrecuidance de nous plaindre du délaissement des secteurs de l’aide, de la protection de l’enfance, des services médico-sociaux par tous ces acteurs ?

Des veaux gras dont ils se goinfrent quotidiennement, nous avons la chance de récupérer les os qu’ils daignent bien nous jeter à terre pour en « élaborer » des soupes pauvrettes dont la recette est la ligne directrice des instances de tutelle.

Le 7 janvier 2026, ce sénat, aux portes des risques cardiovasculaires et d’obésité, a jugé multi-phage la simple idée de s’intéresser à la revalorisation des salaires et des conditions de travail des esclaves du social et du médico-social.

Le 18 février 2026, à l’occasion de la conférence salariale de l’accompagnement social et médico-social annuelle, l’exécutif, via la DGCS, chante la même rengaine en déroulant un état des besoins du secteur pour nous enseigner comment faire sans les moyens nécessaires.

Cependant, chaque interlocuteur aux manettes du pouvoir, reconnaît la grande crise d’attractivité de nos métiers et se propose à fonds de tiroirs vides d’y remédier. Un ES débute à peine au-dessus du smic (3 ans d’études post bac), un ME… ? Seule la déqualification des métiers semble l’horizon que ces acteurs envisagent d’imposer.

Que faisons-nous de tout ceci ? Nous prions simplement pour que le prix de notre résignation n’ait pas un taux de TVA trop élevé, que le dédain affiché à l’égard de nos professions soit à minima étiqueté comme un sacrifice nécessaire, qu’« une retraite au trépas » octroie une pension de réversion à nos familles ?

Ce 7 janvier 2026, le sénat a jugé « extrêmement coûteux » la simple idée d’une revalorisation des salaires quasi gelés depuis l’année 2000 des travailleurs sociaux et médico-sociaux, soit 26 ans de plate évolution, de labeur et d’investissement avec toujours moins de moyens et toujours plus d’exigences… L’électroencéphalogramme d’un cadavre dans les frigos de la morgue dont on guetterait un sursaut !

Le 18 février 2026, la DGCS pose l’étiquette « bons et loyaux services » sur notre gros orteil.

AXESS s’assure que la température exigée ne soit pas trop basse et donc énergivore…

Comment ? Les travailleurs sociaux de manière générale, se croient investis, ou se comportent comme tels, d’une mission primordiale pour la sauvegarde de notre jeunesse et de la société, de l’aide aux personnes en difficulté quelle que soit leur problématique de base.

Ils sont peu enclins à se mobiliser, culpabilisant de laisser à d’autres le soin de s’occuper du public dont ils ont décidé de s’occuper ; ils perçoivent parfois leur travail comme à travers un prisme vocationnel. Ils ne culpabilisent pas de ne pas s’occuper d’eux-mêmes alors que nous savons tous depuis plus de 2000 ans que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Tous les décisionnaires évoqués ci-dessus applique cette règle avec un zèle remarquable.

C’est un talon d’Achille dont profitent allègrement les départements, l’ARS et l’état.

C’est vrai ça ?

A priori ce n’est pas la vision de nos dirigeants successifs, de gauche ou de droite, quelle que soit leur obédience. Preuve en est de cette décision de ne pas revaloriser des salaires relatifs aux professions qui amoindrissent l’explosion sociale, assistent les personnes fragiles et en aident à s’insérer dans notre société et dont on pourrait évoquer les coûts si nous n’existions pas.

Nous, nous savons cela. Il faut aussi que nous soyons en mesure d’éduquer ces sans foi, ces tout-bénéf-pour-moi, ces gens qui naviguent dans un univers virtuel à des lieues de cette réalité douloureuse mais qui pourtant décident sans consulter ceux qui savent.

Nous devons nous faire entendre et défendre la légitimité autant que l’utilité de nos professions.

Cette réalité n’est pas cependant ignorée totalement par les pouvoirs publics puisqu’entre collectivités locales et état, des appels multiples aux jeunes sont, affichées sur panneaux ou lancées par voie de presse, lancées pour qu’ils s’engagent dans le chemin de la solidarité, sans l’aide concrète et nécessaire de l’état et des départements.

Quels bénéfices en regard de professions lucratives portant parfois même un regard sur l’aide sociale ? La mise en concurrence des structures sociales et médico-sociales, les contrats à impact social… Dégradation des conditions de travail, stagnation des rémunérations depuis 2000, perte de pouvoir d’achat de plus de 38% sur 26 ans, etc… le tout appuyé en toute conscience par le vote du sénat le 7 janvier 2026 : pour être brut, on résume par un « laisse-moi devenir gras, laisse-moi discourir sur tout sujet comme je l’entends car je sais, et comme je sais de quoi je parle, surtout accepte sans rechigner ce que je t’impose car, moi, je vais t’éduquer !».

En France, 70 millions d’habitants. Aux Etats-Unis 350 millions. (5×70=350)

Nous focaliserons sur le sénat, sans parler de limite d’âge ou d’exercice de la fonction, ni de retraite à vie :

En France, 348 sénateurs, 577 députés : 925, soit 1.3 élus pour 100 000 d’habitants

Aux états unis, 100 sénateurs, 425 députés : 525, soit 1.5 élus pour 1 000 000 d’habitants

Ils sont 5 fois plus nombreux que nous pour 10 fois moins de représentants qui grignotent l’argent public dont nous ferions bon usage…

Théoriquement, la floraison quasi miraculeuse des élus français doit permettre une expression au plus près du peuple. Vous en pensez quoi ? Vous constatez quoi ? Le printemps, la rigueur de l’hiver ?

Il faut néanmoins reconnaître que nous avons tous droit à des augmentations :

Pour eux : Hausse des salaires et des diverses primes ou avantages des parlementaires et autres élus ou hauts fonctionnaires de l’état, coût à la hausse régulier des indemnités des dirigeants, privé, public ou fonction de l’état, bref train de vie largement augmenté des élus divers et autres oligarques.

Pour nous : Hausse des taxes diverses sur vos salaires (TVA, CSG, RDS, imposition sur des nets que vous n’encaissez même pas, prélèvements de toute nature etc…) hausse de l’âge de départ à la retraite, augmentation des charges de travail et de l’amenuisement des moyens, hausse de la précarité, hausse des contrôles de toute nature etc…

Vos salaires, vos retraites, vos libertés ?

Les leurs ?

Ceci ne vous donne pas le goût de sortir une balance pour mesurer cela, ceci ne vous donne pas le goût de sortir dans les rues ?

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