A quoi sert la grève, pourquoi doit-elle se pratiquer ?
Un mouvement de grève est une expression de liberté, c’est un droit fondamental, avant même d’être réduite à une contestation. Elle est l’ultime outil d’expression des salariés face à des injustices et malheureusement le dernier recours que nous pouvons utiliser pour dénoncer de mauvais traitements, des injustices et des abus quelles qu’en soient leurs sources.
Le salarié gréviste perd une partie de son salaire au prorata de ce temps de grève. Mais être comptabilisé dans les chiffres nationaux n’inclut pas le nombre d’heures grevées, il est tout à fait possible d’exprimer son mécontentement en posant simplement une heure de grève, mieux, par précaution, 59 minutes dans certaines institutions. Le salarié est compté gréviste sur une seule heure.
Le patronat sait pertinemment que la conjoncture actuelle n’autorise pas ou peu les salariés à se dispenser de plusieurs journées de travail et de rémunération, et ce n’a jamais historiquement été le cas.
Mais aujourd’hui, de combien de semaines de congés bénéficions-nous ? Comment nos prédécesseurs ont-ils fait pour obtenir cela et pourquoi ? Combien sont morts pour que nous obtenions tout ceci ?
La grève, c’est l’ultime ressource dont nous disposons encore, sera-t-elle autorisée dans un an, dans 2 ans… Elle est un moyen d’expression et de pression, l’outil ultime de contestation et d’instauration d’un rapport de force. Seul ce rapport de force autorise le salarié lambda à espérer un changement de ses conditions de travail et surtout une reconnaissance de l’impérative nécessité de sa présence sur son lieu de travail. Sans lui, rien ne se passe et aucune bourse ne remplit.
La grève est un bouclier social, un moyen légal de rompre l’aveuglement et de donner de la puissance aux revendications légitimes.
Le patronat parle de « coût du travail » lorsque la logique et la sueur des travailleurs parlent de création de richesses. Le travailleur coûte de l’argent et le fruit du travail qu’il produit n’est aucunement pris en compte. D’où sort cette hérésie ?
Sans vous, sans votre travail et votre investissement, la France n’existe pas, elle ne nourrit pas nos « monarques », nos oligarques (ce terme n’est pas l’apanage des Russes), sans nous, personne ne mange ni ne se protège des pauvres qui mangeraient dans l’assiette des nantis.
Nous ne sommes pas d’accord, nous pouvons le faire entendre par ce biais, la grève.
Des 49/3 et autres sodomites expressions du pouvoir, de l’utilisation de l’insécurité (elle a toujours existé même pour nos rois cf. histoire de France) au dénigrement des avancées colossales du système de protection sociale torpillé allègrement par un système politique oligarchique pour lequel vous votez ?
Vous nous rejoindrez bien assez tôt pour donner de la puissance à la revendication légitime des uns et des autres.
La grève d’hier qui vous a « embêté », gêné dans votre asservissement au travail, votre nécessité de gagner votre vie (gagner votre vie ? mais quelle horrible expression, les seules personnes qui m’ont donné la vie ce sont mes parents, j’ai déjà gagné cette vie), sera votre combat de demain car nul n’est épargné s’il n’appartient pas aux sphères aisées du pouvoir qui se nourrit de notre sueur et se gargarise de notre argent, en fait un étalage fastueux aux yeux d’autres tenants du pouvoir.
La grève, c’est un moyen aujourd’hui reconnu légalement en France pour contester l’incontestable prière du nanti que le peuple demeure aveugle. Nous voyons, pas de chien pour nous guider n’est nécessaire.
C’est un combat dont les bénéfices peuvent aujourd’hui paraître lointains à certains mais qui sera demain la récompense de chacun.
Le comment ? Tout dépend des conventions collectives et il appartient à chacun, à chaque syndicat, de se renseigner pour savoir si un droit de grève est quotidiennement émis par la confédération comme dans le secteur social et médico-social même si l’employeur ne l’affiche pas quotidiennement, ce qui constitue une entrave au droit ceci dit en passant.
Ensuite, les unions départementales aident à l’organisation.
Bref, savoir, se renseigner et agir, ce sont les maitres mots de la défense des droits des salariés.
